L’espace public : partage des communs

Mardi 9 mai, 18h30. Nous sommes conviés à participer à une rencontre de quartier Nantes&Co, à la maison de quartier de l’île de Nantes. La soirée s’organise en deux temps. Une exposition de stands dans le patio-jardin, et une présentation en salle portant sur l’actualité de l’île de Nantes et le projet du CHU. A peine avons nous installé nos deux totems informationnels et notre grande carte à idées, qu’une dizaine de personnes se regroupe devant. Des étiquettes d’idées sont géolocalisées sur un fond de carte XXL de notre quartier d’exploration. Face à ce support qui nous sert à faire la synthèse des idées, les langues se délient… Les réactions ne se font pas attendre…

 

Un espace public partagé, et pas seulement des jardins partagés

Principaux enseignements de nos rencontres: l’espace public doit-être à destination de tous, alors qu’aujourd’hui, il est exclusivement dédié à la voiture. Dit autrement, la voiture doit retrouver sa « juste place » ! Autre sujet : la qualité des cheminements et la largeur des trottoirs :

  • « Il faut transformer les rues commerçantes en zone 30 avec une priorité aux piétons parce qu’avec des trottoirs qui font 50cm, c’est pas facile de circuler. ».

Cette préoccupation fait écho aux revendications des commerçants qui souhaitent étendre leurs terrasses. Plus fondamentalement, l’enjeu est de trouver des moyens pragmatiques et « concrets » pour apaiser l’espace public.

 

Autre sujet : garantir des espaces de « libre circulation ». Il faut conserver des espaces qui restent libres d’appropriation dont les usages évoluent au fil des saisons, des heures de la journée.

  • «  Il ne faut pas tout faire en jardins partagés, c’est bien aussi de préserver des espaces d’herbes où les gamins peuvent jouer au foot. »

 

La mémoire comme fil rouge

Partager l’espace mais aussi partager un moment, des sourires et partager l’histoire du faubourg. La transmission de la mémoire du quartier est un sujet récurent, notamment chez les plus anciens qui en portent l’héritage : mémoire des lieux, mémoire des petits métiers d’antan, des anecdotes, des personnages charismatiques, des luttes sociales… Ces récits de vie font partie intégrante du quartier. Comment les rendre perceptibles?

 

  • « Le quartier des Ponts, s’exclame un ancien : « ça s’appelle comme ça parce que c’était là qu’il y avait tous les ponts qui permettaient de traverser la Loire. Avant, il y avait plusieurs îles. A la place du boulevard, c’était un boire. Il serait bien d’avoir des panneaux avec des anciennes photos ou cartes postales pour montrer aux gens à quoi ça ressemblait. »

 

D’autres évoquent la dimension sociale du quartier qui devient « un rempart contre la gentrification » :

  • « Nous avons toujours été une île hospitalière… Par contre, c’est pas simple à assumer.  On ne sait pas comment réagir en voyant les gens à la Halte de nuit. On aimerait comprendre comment ils sont pris en charge. Ça nous gêne d’en voir qui dorment parfois sur 1m2 de pelouse. Il faut les mettre plus à l’aise. »

 

Pour transmettre et préserver ces petites histoires, certains évoquent des idées : une signalétique, une ballade commentée :

  • « J’adore me promener et lever la tête pour comprendre ce qui m’entoure. Ce serait sympa d’avoir des promenades qui racontent l’histoire des quartiers. »

 

En creux, ce désir de préserver les récits du quartier évoque une crainte : celle de la perte d’identité du quartier, face à cette urbanisation jugée « galopante » et la gentrification de l’île en raison de son attractivité :

  • « Ça me gêne de voir se construire des quartiers sans âme. On a peur qu’il se produise la même chose ici. »

 

La valorisation de cette histoire locale renforcerait le socle identitaire du quartier. Une chose est sûre… Ces parcours historiques dans le quartier devront être à l’image du quartier : vivant et vitalisant. « car la Naval, c’est vivant ! » tempête un participant.

 

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