La poésie du faubourg

14 juin 2017 18h. 20 personnes sont présentes pour cette réunion «  Ma rue est contée » consacrée aux histoires du quartier. Ce n’est pas la grande histoire de Nantes, mais les petites histoires quotidiennes du faubourg,  par celles et ceux qui y vivent. Un moment intime et poétique pour comprendre ce quartier autrement qu’à travers des plans d’urbanistes.

3 témoins sont venus partager leur expérience, 3 artistes qui ont, chacun à la leur manière, récolté des témoignages : Marjorie, plasticienne, Virginie, metteuse en scène, et Jasmine, chanteuse… Point commun à toutes ces mises en récit du quartier : son côté « anti-frime » et son esprit village, gage d’authenticité.

 

 

Vieux Beaulieu

Une 4ème témoin est venu en curieux au début de la réunion : Madeleine, une ancienne du quartier qui raconte les « boires » et en particulier la rue petite Biesse où l’on pêchait de sa fenêtre. Elle raconte aussi le nouveau quartier de Beaulieu, ce « Manhattan » à l’Est où il n’y a pas de banc public et beaucoup d’administrations. C’est aussi l’occasion d’apprendre que le faubourg s’appelait autrefois le « vieux Beaulieu ».

 

Paroles de galériens

Marjorie a travaillé avec les personnes qui fréquentent la Halte de Nuit des Eaux Vives. L’objectif était d’écrire avec eux un récit à partir des écrits de l’auteur Paul Nizan. Sur le mode du cadavre exquis, les participants étaient invités à sélectionner des mots à partir d’un texte de Paul Nizan : Le Cheval de Troie. Ces mots ont été discutés et réorganisés pour former des slogans. Marjorie nous livre un exemple : « l’humain n’est pas complet sans amitié et union ». Ce travail de longue haleine a permis de faire émerger de la reconnaissance et une meilleure écoute de ces galériens de la vie. Le projet a été mené à son terme et le texte a été joué rue Paul Nizan lors de la manifestation « A la rue tous ! ».

 

Polard dans le Faubourg    

Virginie de la Compagnie Alice a initié, entre 2008 et 2014, l’écriture par les habitants, et avec l’aide de Ricardo Monsera, d’un polard, avec le faubourg pour décor. Derrière la disparition d’un enfant, le texte évoque les transformations du quartier, les enjeux politiques, urbains, immobiliers… Ce travail artistique s’appuie aussi sur le témoignage des habitants, devient l’occasion de réveiller la mémoire des lieux, donne du relief et du contraste à ce quartier qui, décidément, reste une énigme… urbanistique.

 

Mots de comptoir

Jasmine s’est faite « l’interprète » du quartier en allant à la rencontre des habitants dans les cafés, les petits restos, la maison de quartier… Elle a récolté la parole de gens et en a fait des poèmes et chansons. Il en ressort l’esprit village du faubourg,  celui « des vrais gens qui paient leur pain en centimes » ! C’est aussi le quartier de l’anti-frime, celui où l’on n’a pas à craindre le jugement de regards prétentieux. Le quartier, sous sa plume, devient une partition urbaine.

 

 

Un liant qui s’éparpille, façon puzzle !

De ces échanges ressort l’idée que le faubourg est un réservoir de poésies populaires issues de son histoire ouvrière. Mais attention, nous ne sommes plus à l’époque des boires et du chantier naval. Aujourd’hui, le quartier a changé de visage. Il est devenu plus cosmopolite mais le lien entre les communautés reste fragile et parfois inexistant. A ce titre, le conte, en raison de sa dimension sensible, pourrait être un moyen efficace de fédérer les communautés et d’impliquer plus largement la population.

L’autre idée serait de mobiliser les enfants, à l’image des Archi’teliers (cf. Ardepa), pour écrire ce récit du quartier… De cet échange naît un projet : l’envie de travailler ensemble à la mobilisation des habitants, avec l’aide des enfants, pour mettre en récit le quartier et révéler ses petites histoires qui lui procurent sa personnalité.

 

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