Ré-enchanter ma rue et son commerce !

Le 5 juillet 19h, dernière réunion ilotopienne avant la trêve de l’été ! Consacrée à la place du commerce dans le faubourg, elle est l’occasion de prendre en compte la parole des commerçants de République-les-Ponts, et en particulier ceux de l’axe Petite Biesse/Grande Biesse. Peu de monde à cette réunion, mais une envie partagée de redonner une âme à l’axe Grande Biesse/Petite Biesse. La mobilisation collective est indispensable. Elle passe aussi par des initiatives individuelles.

Merci de leur présence à Jean Baptiste de la Grande Barge en partie haute de la rue Grande Biesse, Stéphanie du restaurant Malumbi sur la rue Petite Biesse, et Philippe patron du Bureau de Tabac et Presse et Président de l’association des commerçants de Biesse. Sophie, coordinatrice à l’UNACOD, association des commerçants de Nantes hors centre-ville (qui fédère 54 associations) a partagé sa connaissance du tissu commerçant sur la métropole. Quelques usagers et habitants se sont joints à cette rencontre avec leur regard de clients sur l’activité commerciale du faubourg, mais aussi de promeneurs.

 

Un constat partagé de dévitalisation

Le commerce traditionnel de proximité est aujourd’hui confronté à des difficultés croissantes. Le quartier République-Les Ponts n’échappe pas à cette tendance accentuée par sa situation d’enclave. Avant la création du boulevard des Martyrs-Nantais-de-la-Résistance en 1947, Grande Biesse et Petite Biesse formaient une artère commerciale très active. Aujourd’hui l’étouffement et l’essoufflement sont réels. La clientèle n’est pas toujours au rendez-vous. Les habitants, pour certains, désertent le quartier le week-end, ou n’ont pas le reflexe de venir dans les commerces de la rue Biesse préférant les centres commerciaux, pourtant plus éloignés. Comment recréer de l’événement et attirer plus de passants ?

 

Une rue animée ne se décrète pas ! 

Contrairement à la rue du Maréchal Joffre, citée comme exemple nantais d’une rue commerçante animée, l’axe Petite Biesse Grande Biesse n’est plus passant comme à l’époque des Ponts. Les petits commerces sont très étalés et l’axe est découpé en trois parties refermées sur elles-mêmes. Ceux qui fréquentent la rue Grande Biesse ne traversent pas le boulevard Gustave Roch. Les commerçants nous racontent qu’ils ont essayé de créer une forme de monnaie complémentaire, par un système de bons à gagner renvoyant chez un autre commerçant de la rue. Mais cela n’a pas fonctionné, les bons gagnés sont restés pour la plupart non utilisés. L’UNACOD a rappelé les actions qu’elle propose aux associations de commerçants dans les quartiers, avec la possibilité d’un fond de cofinancement dédié tels que les illuminations de noël ou des animations non commerciales. Toutes ces petites actions mériteraient une expérimentation sur la durée, pour tisser les liens entre les commerces et avec les voisins et les habitants. Mais pour cela, il faut du temps !

 

Ré-enchanter la rue 

Lénaïc, représentante de la Samoa (Société d’aménagement de l’île de Nantes) nous explique la réflexion en cours sur l’idée d’une stratégie commerciale pour la rue Biesse, qui doit rester tournée vers les « petits » commerces de proximité. Sans doute faudra-t-il muscler l’amplitude horaire des commerces, et trouver un moyen de détourner le flux de piétons qui va s’intensifier sur le bord de Loire. Mais pour l’heure, des aménagements peuvent-il être envisagés ? La question de la voiture est évoquée avec insistance. Pourtant, les études les plus récentes démontrent que le chiffre d’affaires du commerce de proximité est une faible part issu du flux des automobilistes. C’est au contraire le flux piéton qui garantit la pérennité du commerce de proximité. Les commerces du faubourg vivent également pour beaucoup des usagers qui travaillent dans le quartier. Mais qui dit aménagements, dit aussi travaux ! Hors, les commerçants ont la sensation que ces derniers n’en finissent pas, et ont un réel impacte sur leur activité… Comment agir efficacement, concrètement et rapidement pour redonner de l’attractivité à l’axe Biesse ? Des modes d’intervention plus légers sont à trouver pour éviter cet effet traumatisant.

 

3 séquences pour conter Biesse

L’idée de créer un événement pour fêter pour la fin des travaux de la rue Grande Biesse est partagée mais doit concerner tout l’axe commerçant des rues Biesse. Ce temps fort doit marquer un renouveau qui crée une impulsion positive pour toute la rue. Les trois tronçons qui composent la rue Biesse et lui font plutôt défaut aujourd’hui, doivent être réaffirmées comme une force. Il faut créer une approche cinétique, avec une ambiance affirmée pour chaque morceau de rue, comme une séquence qui participe à créer une histoire commune ! Cette mise en récit de la rue peut, dans un premier temps, résulter d’interventions légères, de décoration, de fanions, qui rythment le parcours, tout en réaffirmant une identité pour cet axe structurant du quartier. L’objectif est d’attirer les piétons des berges vers la rue Petite Biesse, jusqu’à la Place Wattignies. La réhabilitation de cette dernière va, qui bénéficie également d’un travail avec les habitants, prend justement en compte une ouverture vers la rue Petite Biesse.

 

Relier Grande et Petite Biesse

Une attention particulière doit être portée sur la mise en lien de Grande Biesse et Petite Biesse, au niveau du Boulevard Gustave Roch, et inciter à rejoindre la Place Wattignies mais aussi redistribuer les flux vers la rue Nizan et les autres lieux-repères du quartier. Cette histoire à dérouler, peut prendre appui sur un square délaissé et caché derrières des conteneurs, au croisement de Grand Biesse et Gustave Roch. Une intervention est à imaginer en lien avec les services de Nantes Métropole, mobilisant habitants et commerçants, avec l’appui du programme Ilotopia. Valorisé, cet espace a le potentiel de devenir une sorte de vitrine pour les rues Biesse ou encore une zone de détente, agréable, ludique, créant un attracteur pour les piétons alentours qui n’ont pas le réflexe d’emprunter ces axes.

 

Un métier qui peut évoluer vers plus de solidarité

Ré-enchanter la rue ne suffira peut être pas face au modèle économique du commerçant qui gère seul son fond de commerce. Il devient difficile de trouver de jeunes repreneurs et les pas-de-porte vides dévitaliseront un peu plus la rue ! Chacun doit être porteur d’initiatives dans son métier. Là encore, l’innovation ne se décrète pas ! L’amplitude horaire, le manque de temps pour innover, la difficulté pour prendre du recul sur son activité, isolent un peu plus le commerçant. Mais le tableau n’est pas complètement noir ! Des initiatives existent. Celle du Bar-épicerie « La Grande Barge » est intéressante.   Il a ouvert voila un peu plus d’un mois, avec une trentaine d’autres actionnaires au sein d’une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). L’expérience à débuté avec une AMAP* associative, le « micro-marché ». Le réseau d’habitués étant ainsi déjà constitué autour de valeurs partagées, ils en deviennent également les ambassadeurs. Cette expérience naissante est inspirante et contribue à donner une nouvelle impulsion dans le quartier.

 

Faire cause commune

Au bout de deux heures de discussion, le charme de la démarche Ilotopia semble vouloir agir. Chacun convient que ce quartier ne retrouvera sa vitalité que par la valorisation collective et l’envie de lui redonner une identité forte, liée à son histoire. Chacun doit aussi être porteur d’initiatives sur son commerce comme sur l’espace public pour faire de l’axe Grande Biesse/Petite Biesse une véritable cause commune.

 

* AMAP : Association pour le maintien d’une agriculture paysanne

 

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